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Mook est de race humaine, mais malgré cela elle présente beaucoup de qualités (hé oui, c'est possible): Mook est Aspie, Mook est enceinte et célibataire, Mook étudie la psychologie, mais surtout, Mook cherche à communiquer... (Catégorie syndrôme d'Asperger, grossesse, psychologie, maman solo, voyages)

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Un bébé surprise

"Le désir d’avoir un enfant est progressif. La plupart des couples préfèrent attendre quelques années avant de fonder une famille. Entrés tardivement dans la vie professionnelle, occupés par de nombreuses activités, les couples d’aujourd’hui veulent " profiter " un peu de leur indépendance. Avec la contraception, l’enfant est de plus en plus perçu comme un " projet ". Aujourd’hui, l’enfant arrive rarement par hasard. {...}"


extrait d'un petit article sur www.aufeminin.com côté maman...


Et bien voilà, moi je me rends compte que je suis enceinte sans doute plusieurs semaines après la conception, alors que je suis à l'autre bout du monde et que je ne m'y attends pas, alors que je suis avec le "Papa" depuis seulement 4mois, alors que je n'ai aucune situation professionnelle et que le "Papa" n'en a pas plus que moi...

Dans un cas similaire, chaque femme peut réagir différemment en fonction de facteurs qui ont plus ou moins d'importance pour elle. Au final, deux "choix" s'offrent à elle: interrompre la grossesse ou garder le bébé surprise.
On évoque le mot "choix", les consciences semblent apaisées, le "choix", la "liberté"...
En côtoyant le commun des mortels, je vois que trop peu d'entre eux semblent se rendre compte de ce qu'implique ce "choix" pour une femme, enceinte...

Pour ma part, les semaines consacrées à faire ce "choix" ont été une véritable torture, psychique, physique, une des périodes les plus noires de ma vie...




A la découverte du résultat de mon test de grossesse, mon coeur se met à battre violemment et mon corps entier se met à trembler... Impossible de savoir si je suis heureuse ou non, j'ai comme la tête vide, il n'y a aucune pensée, aucun mot, rien d'autre qu'une immense émotion qui m'envahit. C'est physique.
Lorsque mon cerveau se remet en marche quelques minutes après, je préviens tout de suite MonAnge qui est endormi et me réponds qu'on en parlera demain, je préviens tout de suite ma mère qui me conseille de rentrer pour réfléchir à la situation, et je vais me confier à Patrick et Catherine chez qui je suis au Quebec.
Leurs sourires et leurs félicitations me font du bien.
Je leur fais part de mes doutes et des différents points qui rendent cette situation délicate.
Malgré ces pensées et ces mots qui émanent de la conscience, les émotions physiques guidées par l'inconscient poursuivent leur chemin. Déjà je me sens différente. Je me sens pleine, porteuse de quelque chose...

Dans l'avion, en chemin pour retrouver la France, je ressens même une certaine fierté à porter ce quelque chose, et alors qu'il est là au creux de moi dans le plus grand secret j'aimerais que tout le monde puisse le deviner. Je me sens heureuse et je souris.


La première phase de ma prise de décision a été de parler de ma situation et de demander leur avis à des proches.
MonAnge semble très inquiet et désemparé, il me prévient tout de suite qu'il ne se sent pas prêt à être père et que si je garde ce bébé surprise notre histoire s'arrêtera là... Il devient distant et froid au fur et à mesure que les jours passent.
Les autres personnes sont catégoriques, ce serait une véritable "connerie" de garder un bébé dans ces conditions.
J'ai encore une sorte de rage qui monte quand je repense à la futilité de leurs arguments par rapport à la puissance de cette petite vie qui s'éveillait en moi...

"Tu n'as rien pour l'assumer, quelle horreur"
"Faire un bébé toute seule, quelle horreur"
"Comme ce serait égoiste, quelle horreur"
"Il faut d'abord se construire soi-même avant de penser à construire la vie d'un enfant, sinon quelle horreur"
"Il faut être parfaitement équilibré psychiquement pour faire un enfant, parce que sinon, quelle horreur"
Q
uelle catastrophe, mais quelle horreur, quel crime n'as tu pas commis là ma pauvre fille... Tu es enceinte...
(Et je vous passe le très prisé "Et les capotes ça existe" qui est evidemment d'une utilité qui ne saurait être remise en question dans ce genre de situation..."

C'était les vacances de Noël et tous les gynécos étaient en vacances pour les deux semaines à venir. La seconde phase de ma prise de décision a donc consisté à rester seule, seule, indéfiniment seule.
Je réfléchissais à m'en retourner le cerveau, mais j'étais comme victime d'un énorme clivage qui m'imposait en permanence des états de conscience contradictoires, qui se succédaient du matin au soir sans que je puisse les maîtriser.

Alors que je me disais qu'il était effectivement impossible que je garde un bébé, que tous les éléments de cette reflexion semblaient cohérents, soudainement il me paraissait impossible d'interrompre cette grossesse, d'affronter un avenir avec un corps et un esprit meurtri...
Alors que je me disais qu'il était possible que je garde le bébé, que tous les éléments de cette reflexion semblaient cohérents, soudainement il me paraissait impossible de m'imaginer avec un enfant, d'affronter un avenir tellement incertain avec ce petit être innocent...
Je ne saurais dire combien de fois par jour ces états de conscience se succédaient au milieu de mes reflexions... Rien que le fait d'y repenser me met mal à l'aise...
Pour combler tout ça, j'étais malade et ne pouvais plus rien avaler, on aurait pu croire que la peau de mon ventre touchait ma colonne vertébrale...

Je suis seule et l'attitude de MonAnge me dégoûte, combinés à quelques arguments bien dévalorisants de la part de ma soeur et je penche pour la solution d'interrompre ma grossesse. Deux jours après j'ai enfin rendez-vous chez le gynéco, et MonAnge accepte généreusement de m'accompagner puisque c'est dans une perspective d'IVG...
Le gynéco a fait une échographie et nous avons vu ce petit être remuer, bouger ses bras, et nous avons même entendu son coeur... Il a été concu le 17 Novembre et est donc âgé de 8semaines... (pour qui veut voir à quoi ressemble un
embryon de 8semaines )
On ressort assez secoués de tout ça, je dis à MonAnge que je ne suis plus sûre du tout de vouloir avorter, il me dit qu'il comprend mieux ce que je vis...
Comprehension qui ne fait pas avancer grand chose puisqu'il reste campé sur sa position. Le lendemain il décide de repartir, soit disant pour me "laisser réfléchir tranquillement".....


La semaine suivante je vais à mon rendez-vous pour l'IVG, et lorsque la sage femme m'explique la procédure d'aspiration de l'embryon, j'ai les larmes aux yeux. Je lui dis que je ne suis pas sûre de vouloir faire ça, et lui demande si c'est possible de rencontrer un psychologue...
Cette psychologue me fait parler un peu de ma situation et de mes ressentis, et me propose un autre rendez-vous deux jours après pour que je lui fasse part de ma décision finale....


Je la remercie de m'avoir obligé à arrêter cette décision avant que je me retrouve prise de cours par le temps ou les évènements. Je la remercie de m'avoir permis de choisir plutôt que de subir...


                                     (L'échographie de Bébé à 8semaines de grossesse)

Pour conclure, le fait de devoir choisir a certes été très difficile, mais celà a été merveilleusement enrichissant.
Je crois que les moments où nous faisons des choix importants sont rares dans la vie. La plupart du temps, nous subissons.
Je ne pourrai jamais oublier pourquoi j'ai fait ce choix, je ne pourrai jamais oublier comment j'ai fait ce choix, et je sais que dans les moments où je me sentirai faible il reviendra à moi et me renforcera. Je me suis engagée.


 

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J
BRAVO!<br /> Tu peux être fière, c'est ton corps c'est la seule chose que tu n'auras jamais rien qu'à toi, et tu as su être responsable de ta liberté de choix, tu es Humaine!... malgrès tant de jugements et d'incitations t'"invitant" à faire comme ci ou comme ça. C'est peut-etre pas facile d'avoir un enfant, mais à mon avis, "vivre" sa vie en fonction des peurs et préjugés des autres, au point d'entraver l'évolution de notre propre corps, c'est pire que tout, c'est n'être qu'un animal social, un pâle reflet des avis des autres, ça n'est pas vivre en humain à mon sens cela.
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