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06 MARS 2006:
Le jour a commencé à se lever, et j’entendais des milliers de chants d’oiseaux étranges.
Gerrit s’est levée, a pris sa douche et est sortie. Elle semble avoir un moral d’enfer, elle s’est déjà installé son
petit train de vie.
Me retrouvant seule, j’ai décidé de me lever aussi, d’essayer de sortir un peu et de ne pas rester à ruminer des
pensées obscures.
Le premier contact avec une douche indienne m’a refroidit, c’est le cas de le dire: un filet d’eau froide coulant à
même le sol des toilettes où se côtoient les araignées, les fourmis et les blattes…
J'ai retrouvé Gerrit et nous sommes allées prendre le lunch dans le petit restaurant de la cour de l’hôtel. A vrai
dire, je n’avais pas tellement faim depuis la veille… En attendant mes plats je me suis amusée à regarder les indiens manger avec leur main, et je me demandais ce qu’ils pouvaient bien y avoir
d’aussi étrange dans leurs verres. Ca ressemblait à une sorte de sauce tomate graisseuse avec des morceaux de je ne sais quoi…
Puis nos Parotha sont arrivés, sorte de petite crêpe frite avec quelques légumes à l’intérieur. Gerrit avait aussi
demandé une sorte de coulis d’épinards dont je ne sais plus le nom, étrange d’aspect mais assez agréable de goût.
Un gros papillon bleu est venu tournoyer au dessus de nous.
L'heure du départ est vite arrivée, nous sommes allé chercher nos bagages, et nous avons arrêté un rickshaw pour
qu’il nous conduise à l’office de FSL. L’air tiède qui m’arrivait dessus était comme un cadeau divin dans cette chaleur insoutenable, et la découverte des rues de Bangalore était plutôt amusante.
Des dizaines de motos alignées aux feux entre lesquelles nous zigzaguions, des gros camions bennes oranges ou jaunes qui klaxonnaient à tout va, des bus truffés de gens, des hommes se
risquant à traverser la rue en transportant une échelle, des ribambelles d’enfants courant et sautant, des femmes en sari, etc.
15heures. Après une petit quart d’heure nous sommes bien arrivées à l’office, et nous avons rencontré quelques uns
des volontaires déjà arrivés depuis un mois ou plus. Trois françaises, des autrichiens, des japonais, etc. Présentations, échanges de quelques explications puis notre groupe de nouveaux
volontaires s’est petit à petit retrouvé au complet. De ma droite vers ma gauche, tous assis autour de la table: Gwen une anglaise de 56 ans, Anne une hollandaise de 18 ans, Gerrit ma petite
autrichienne de 21 ans, Bernard un autrichien de 21 ans, Kentaro un japonais de 25 ans, et Francesca une allemande de 21 ans.
Bernard et Kentaro échangent quelques propos sur les films japonais, Kentaro semble avoir des difficultés à maîtriser
l’anglais, ce qui personnellement me rassure.
Bérénice et Susana, les référentes, ont commencé à nous expliquer où nous allions aller et comment allait se dérouler
notre semaine d’orientation, puis sur quels projets nous allions travailler ensuite. Pour ma part, il s’agit d’une école pour enfants handicapés, dans un petit village proche de Kundapura où nous
allons pour la semaine: Japthi School.
En attendant de prendre le bus à 21h30, je suis restée un peu seule dehors. Des gamins jouaient dans les ordures et
il recommençait à pleuvoir. La ville me rend morne, et la perspective de rester dans un petit village le long de la côte ouest m’enchante.
Nous avons pris un premier repas tous ensemble: chapati - riz et sauce - raïta, puis nous sommes partis prendre le
bus.
Deux jeunes chiens beiges jouaient ensemble, et une vieille femme enrubannée dans un sari poussiéreux est arrivée.
Voyant que l’on contemplait les chiens, elle nous a fait signe que c’était elle qui les nourrissait. Elle était si fière. Puis elle a joint ses mains et nous a fait un « namaste » à
chacun.
Le bus est arrivé, nous nous sommes dirigés pour mettre nos bagages dans le coffre et là… la serrure était bloquée!
Les chauffeurs ont passé une demi-heure à mettre des coups de pied et des coups de barre dedans.
Finalement, on y est arrivé, et les dix heures de route nocturnes ont commencé.
Je me suis retrouvée à côté de Kentaro, et nous nous sommes réciproquement montré où nous habitions au Japon et en
France, sur sa « map magique » qu’il emporte partout.
Tout le monde s’est endormi petit à petit, malgré les secousses nous projetant d’un côté à l’autre du siège. Les
routes indiennes sont vraiment en piteux état, et lorsqu’on entreprend un trajet il ne faut pas espérer une moyenne de plus de 50km/h .
Une pause pipi à deux heures du matin nous laisse découvrir l’ambiance nocturne des routiers indiens. La musique
orientale nous transporte le temps de boire un chai ou un coffe, et c’est reparti.
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