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05 Mars 2006
L’Inde ne fait pas de manières, elle se livre entièrement à nous dès le premier instant, nous enveloppe, nous emporte dans son tumulte.
Il est deux heures du matin. A peine descendue de l’avion, la chaleur, les odeurs de curry m’ont envahie, ainsi que les innombrables chauffeurs de taxi, porteurs de bagages, cherchant à gagner quelques roupies.
Une coupure de courant dans l’aéroport a provoqué le silence pendant quelques secondes, puis tout a repris son cours comme si de rien n’était.
Je me suis dirigée vers la sortie, ne sachant ni où ni comment, j’ai enfin aperçu le panneau de FSL.
Il pleuvait à torrent, et la jeune femme qui m’attendait m’a tout de suite demandé de la suivre. En quelques secondes j’étais ruisselante, courant dans l’eau sablonneuse que l’on avait parfois jusqu’aux chevilles. Elle m’a présentée au jeune homme chargé de me conduire à l’hôtel, nous avons encore couru jusqu’au rickshaw et l’aventure a commencé.
Le rickshaw s’est faufilé à toute vitesse entre les bus, les camions, les motos, les vélos, donnant parfois un coup de volant pour éviter quelques piétons.
A plusieurs reprises nous avons dérapé sur des gigantesques flaques d’eau bouchant toute la route. J’ai bien cru que nous allions nous aplatir sur un trottoir ou un mur… Mais nous sommes arrivés à bon port, « Airlines Hotel » où FSL m’avait réservé une chambre. La grille était fermée et nous avons dû escalader.
Le jeune homme qui m’accompagnait m’a expliqué des tas de choses en anglais, j’ai seulement compris le prix de la chambre pour une nuit: 270 roupies, et l’endroit où je devais me rendre le lendemain: FSL Office at Isolation Hospital.
Sur ce, il m’a dit de suivre le porteur de valise jusqu’à la chambre, m’a donné une tape sur l’épaule en me disant « So, have a nice stay in India », et il a disparu…
Nous avons longé un couloir sordide, où des gens dormaient par terre devant chaque chambre, allongés sur de simples nattes de paille. Le porteur s’est arrêté devant la chambre 28 et a frappé. Une demoiselle blonde à moitié endormie a ouvert, écarquillant les yeux et se demandant bien qui je pouvais être. Je ne sais même pas ce que j’ai dit, mais en quelques secondes je me suis retrouvée dans la chambre et le porteur avait disparu.
La demoiselle se prénomme Gerrit et elle vient d’Autriche.
Je bafouille un « I don’t speack very good English » et Gerrit sourit. Nous avons tout de même réussi à échanger quelques phrases: nous irons ensemble demain à Isolation Hospital, et ni elle ni moi ne sachons sur quel projet nous allons travailler. Apres cela nous nous sommes endormies.
Je ne voulais surtout pas me réveiller, et ne pas penser. Je me forçais à rester endormie.
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